Bangkok Dangerous

Nouveau pôle fort du cinéma asiatique (avec la Corée), la Thaïlande a vu émerger des réalisateurs intéressants parmi lesquels les frères Pang figurent en très bonne place. Sorti trois ans avant l’excellent The eye mais distribué la même année en France (courant 2003), Bangkok Dangerous est écrit, monté et, bien sûr, réalisé par Danny et Oxide Pang. Là où The eye remportait une totale adhésion, on est, en revanche, forcé d’émettre quelques réserves non-négligeables vis à vis de Bangkok dangerous.

Bangkok Dangerous

Bénéficiant d’une réalisation enlevée et souvent innovante, Bangkok Dangerous fait office de terrain privilégié pour l’exercice favori des frères Pang : l’expérimentation visuelle. Ici, l’expérimentation s’opère avant tout sur la photographie via un jeu sur le grain, l’exposition, les couleurs et le contraste. De plus, le métrage possède aussi ce cachet indéfinissable (et plaisant en diable) des films thaïlandais. Au niveau formel, on pourra également remarquer que les deux cinéastes ont beaucoup joué sur le nombre d’images par seconde, le montage (Bangkok dangerous est très découpé) et le son.

Si le métrage est donc pourvu d’un visuel flamboyant, force est de constater, malgré tout, qu’il pâtit d’un scénario à la fois léger et brumeux. D’un abord difficile dans son premier tiers, le film gagne un peu en émotion par la suite avec, notamment, la romance vécue par Kong. Sourd-muet, le jeune homme a été rejeté et brutalisé par ses camarades lorsqu’il était enfant. Homme d’entretien dans un club, Kong fait du tir son violon d’Ingres avant de devenir un tueur à gages de renom. Si on le croit froid dans un premier temps, Kong se révèle être un personnage beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Maladroit lorsqu’il s’agit d’avoir des relations sociales et assez attachant (mais malheureusement mal exploité par les Pang), le tueur est taraudé par des précédents « contrats », hanté par ses victimes.

En conclusion, s’il est indéniable que les frères Pang privilégient la forme au détriment du fond (certains ne manqueront pas de dire qu’ils font seulement de l’esbroufe), reste que Bangkok dangerous s’impose comme un bel exercice de style qui, finalement, se laisse voir sans déplaisir.

– Bandes annonces Europa : les bandes annonces des films The eye, Haute tension, 28 jours plus tard, Michel Vaillant et Ong bak.

– Bande annonce : bande annonce de Bangkok dangerous.

Une qualité vidéo de très bonne facture affichant une définition optimale et des couleurs très denses tout en ne s’encombrant pas de défauts compressifs. A noter que le changement quasi-constant de support visuel implique certaines « imperfections » qui découlent aussi d’autres choix formels (tel une texture souvent granuleuse), « imperfections » qui ne constituent en aucun cas des défauts puisqu’elles sont totalement voulues par les frères Pang.

Là encore, la qualité est au rendez-vous puisque les différentes pistes affichent une bonne intensité, s’avérant dynamiques, claires et bien spatialisées. De toutes les pistes proposées, la V.O. (en thaïlandais) D.T.S. est la plus recommandable avec un surcroît d’énergie par rapport aux trois autres.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s