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Billy Bathgate

Film de gangster plutôt sympathique, mais tout de même largement classique par sa réalisation qui manque d’attrait, il vaut surtout le détour pour sa très belle affiche (Dustin Hoffman en tête, an oter que bruce Willis a accepté un petit rôle uniquement pour le cotoyer).

Dustin Hoffman and Nicole Kidman

La réalisation, même si elle n’est pas un modéle d’efficacité et s’avère parfois laborieuse, sait profiter des parties intéréssantes de l’histoire pour faire monter une certaine tension.

Un bon « petit » film de gangster qui prévaut pour son casting haut de gamme (Nicole Kidman, Bruce Willis, Dustin Hoffman, Steve Buscemi ) et permet de passer une soirée agréable.

Pas franchement térrible même si ca reste dans le domaine du correcte (les couleurs s’affichent de bonne manière et la definition reste honnête) , ainsi on regrettera beaucoup trop de fourmillements (en ce sens les scènes sombres sont impitoyable) et des noirs pas franchement à la hauteur.

En VO ou VF, les 2 mixage en dolby digital 5.1 vous laisseront grandement sur votre faim, la dynamique est loin d’être probante, les canaux surround sont aux abonnés absents, pire même les dialogues manquent de vivacité.

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Biker Boyz

Un concentré d’adrénaline et de machisme pur, de grosses cylindrées et de jolies poupées ni plus ni moins … voilà ce qu’on pouvait attendre de ce BIKER BOYZ. Hé bien ce n’est même pas le cas !

Biker Boyz

En effet, passe qu’en guise de scénario, on nous offre une simple petite histoire pouvant tenir dans un mouchoir de poche. Mais pire, bien balourd et rapidement soulant, le film nous offre même pas le spectacle attendu. A côté Fast and furious passe même pour un bon film, c’est dire.

Et comme l’interprétation est assez moyenne & que la réalisation ne vole pas bien haut (les séquences de courses de motos sont loin d’être emballantes) … A louer tout au plus.

Niveau bonus on a droit une dizaine de scènes inédites (VOst 16/9) qui apporte un peu d’étoffe aux personnages sans changer vraiment quoi que ce soit. Ensuite aux Coulisses du tournage (VOst) qui s’avère être un making of promotionnel guère intéressant à suivre. On fini avec une Galerie de photos

Des problèmes de rémanence, une compression pas toujours top, du grain, des fourmillements, une définition qui aurait gagné à être un peu plus soutenu que ça, heureusement que les contrastes et le rendu des couleurs donnent satisfaction.

Les deux pistes 5.1 ne manquent pas d’effets surround. Bien évidemment, c’est lors des séquences de motos que le mixage 5.1 se net en valeur. Le subwoofer rugit alors au rythme des moteurs. Belle intégration de la BO. Dialogues intelligibles.

Big Fish

Après le succès plus que mitigé de son remake de La Planète des Singes, Tim Burton se devait de revenir à une histoire plus personnelle, faisant appel à son sens aigu de la poésie. Si Big Fish va dans ce sens, c’est pour mieux sublimer les œuvres les plus audacieuses de son auteur, allant jusqu’à déverser un raz de marée de lyrisme et d’onirisme. En s’appuyant sur un schéma narratif proche de celui des récits homériques, Burton s’applique à conduire son film à la frontière de deux univers, celui de García Marquez et de son réalisme magique et celui de la littérature américaine du XIXème, dans la plus pure tradition des romans de Mark Twain.

Big Fish

Hommage émouvant à une époque et à un monde au bord de l’oubli, le nouveau film du réalisateur aux mains d’argent devient, par la générosité qui s’en dégage, une œuvre à la fois innocente et mature, une fable humaniste. Il délaisse ses personnages acidulés pour se concentrer sur l’aspect positif de chacun d’eux, comme si La Planète des Singes prenait à la vision de ce gros poisson un nouveau sens, comme s’il marquait le passage d’une vision à une autre, celle de son auteur face au monde qui l’entoure.

Adaptation du roman éponyme de Daniel Wallace, Burton s’ajuste à son nouveau rôle de père et se place comme le narrateur à part entière de son film. Désormais adulte, le cinéaste hyperbolise chacune des péripéties de son personnage et joue sans concession avec les figures de style. Parce qu’il ne perçoit plus la mort avec la même légèreté qu’avant mais plus comme un drame familial, le cinéaste donne à son film le caractère intimiste nécessaire pour rendre possible la filiation et le lègue. En portant un regard nouveau sur le personnage de Will Bloom (Billy Crudup) au seuil de l’âge adulte, qui accepte son futur rôle de père et d’homme, Tim Burton joue avec subtilité sur la forme parabolique de son récit. De la vie à la mort, il pose comme thématique centrale celle de la postérité et de la peur de l’oubli. Ainsi, le vieux Bloom et ses histoires, aussi excentriques soient-elles lui permettent d’appartenir à ces hommes uniques, vivant à travers leurs contes.

Burton développe une mise en abyme de l’univers du conte, générant en son sein une merveilleuse quête de soi pansant les plaies de personnages incompris. En voyant la figure paternelle s’évanouir avec l’âge, pour ne finalement redevenir qu’un homme possédé par son passé, il place son film comme une véritable réflexion sur les actes manqués entre un père et son fils.

La musique de Danny Elfman participe pleinement à l’envergure nostalgique et magique des récits, en alternant savamment les thèmes lyriques et les plages à connotation folklorique. Il laisse à l’Alabama tout une part de mystère et de joie qui se rapproche à bien des égards de l’univers de Forrest Gump.

…They live on him, and in that way, he becomes immortal.

Le voyage initiatique du jeune Edward Bloom permet à Burton de laisser libre court à son imagination et ainsi renouer avec ses thématiques et son esthétique d’entant. Ainsi, le film prête à sourire tant il ressemble dans son prologue à Edward aux Mains d’Argent et permet à Burton de mieux s’emparer d’un sujet qui, à la base, n’était pas le sien. Même en parsemant d’embûches le parcours initiatique du jeune héros, le cinéaste arrive à en extraire l’essentiel, et ainsi à sublimer une histoire d’amour proche de celle d’Ulysse et de Pénélope. Mais c’est aussi dans sa représentation du village de Spectre, ville fantôme inscrite dans l’oubli, elle aussi, que Burton retrouve les quartiers populaires des années 50 du même Edward aux Mains d’Argent ou de Ed Wood. Avec comme différence, et pas des moindres, celle de la rencontre de l’univers de García Marquez, tant son petit village semble s’inscrire dans une même esthétique et une même représentation d’un mode de vie que celui de Macondo dans Cent Ans de Solitude.

D’arbres baroques en orages cataclysmiques en passant par un florilège de personnages hauts en couleurs, (du géant aux saltimbanques tous sortis d’un film de Fellini), Burton ne se prive à aucun moment pour nous livrer une œuvre hors du commun, jusqu’à son final des plus émouvants et des plus symboliques qui soit. C’est les yeux chargés de larmes et le cœur gros que l’on ressort DU chef d’œuvre de son auteur, avec pour seule envie celle de le revoir, encore et encore, jusqu’à ce que le film devienne, lui aussi, sa propre légende.

Nous aurions souhaité avoir un long documentaire sur le film, ou encore une piste musicale isolée en 5.1, nous devrons nous contenter de suppléments solides mais quelque peu convenus.

– Commentaire audio du réalisateur sous la forme d’une interview passionnant, qui confirme que Big Fish est de loin son oeuvre la plus personnelle.
– Featurettes sur les acteurs agrémentées d’extraits de tournage.
– Featurettes sur Tim Burton ponctuées elles aussi d’images de tournage.
– Deux mises en avant des effets spéciaux du film.
– Entretiens avec le romancier Daniel Wallace et le scénariste John August qui abordent le travail d’adaptation au cinéma.
– Quizz.
– Fonction « follow the white rabbit » qui reprend les featurettes déjà disponibles dans la section suppléments du disque.
– 11 Bandes-annonces.

Malgré une très forte luminosité donnant lieu sur certains plans à une suraccentuation des contours, elles sont époustouflantes. Le rendu des couleurs et les noirs (abyssaux) rendent parfaitement justice à la photographie de Philippe Rousselot. Une féerie pour les yeux.

Anglais Dolby Digital 5.1 :
Encodée à 448 kbps, la piste anglaise possède un rendu sonore tout aussi exceptionnel que l’image. Les effets sont biens placés, les voix parfaitement retranscrites et la majesteuse partition de Danny Elman ressort avec une belle dynamique sur les 5 canaux principaux.

Français 2.0 Dolby Surround:
Encodée logiquement à 192 kbps, cette dernière possède bien moins d’envergure que son homologue US. Cependant elle fait son travail correctement, même si elle pert beaucoup en intensité et notamment en ce qui concerne la retranscription de la bande originale. (Piste française semble-t-il).

Bienvenue dans la Jungle

Bienvenue dans la Jungle

La rencontre entre The Rock et Peter Berg promettait beaucoup. Chacun avait, le temps d’un film (Le Roi Scorpion pour le comédien, Very Bad Things pour l’acteur devenu cinéaste), laissé entrevoir d’énormes promesses dans leur capacité à œuvrer dans un cinéma de divertissement haut de gamme. Cette rencontre ayant lieu sur le terrain ultra banalisé mais quelque peu délaissé ces derniers temps du « buddy-movie », on pouvait s’attendre à un récit sans prétention si ce n’était de nous amuser le temps d’une courte projection. Sentiment d’autant plus renforcé que les autres têtes d’affiche du film, Seann William Scott (le Stiffler des American Pie) et Christopher Walken (l’un des rares acteurs à être à l’aise dans tous les rôles et tous les genres) donnaient des assurances supplémentaires au bon fonctionnement du récit.

Mais voilà, The Rundown ne transforme pas l’essai et laisse d’énormes regrets. Surtout lorsqu’on a goûté à une première demie-heure vraiment enthousiasmante où The Rock après avoir reçu l’aval en forme de clin d’œil de Schwarzy en personne se met à tout fracasser sur son passage. D’une gigantesque castagne en pleine boîte de nuit où il assomme à tour de rôle la quasi intégralité des joueurs d’une équipe de football américain jusqu’à l’affrontement musclé dans un bar d’Amazonie avec les hommes de mains de Hatcher, le spectacle à l’écran est visuellement très plaisant, très fun. C’est alors que, une fois l’action circoncise, Peter Berg passe à la comédie et là tout se gâte. Autant, on marchait à fond dans l’aspect brutal et cartoonesque des combats, autant on reste de marbre (quelques infimes sourires) face au duo The Rock / Scott. Non pas que l’alchimie entre les deux comédiens ne fonctionne pas mais seulement voilà, les situations et dialogues qu’ils ont à défendre s’avèrent ternes et convenus. Le rythme du film baisse alors sévèrement et même ce baroudeur qu’est Christopher Walken peine à égayer le récit. The Rundown devient alors un divertissement longuet mis (involontairement) en pilotage automatique jusqu’à un final censé être explosif mais qui nous fait juste regretter les bons moments passés à se fendre la poire devant ce bon vieux Commando de Mark Lester. Toutefois, The Rock possède un tel charisme qu’on est intiment persuadé que l’acteur donnera très vite raison à la bénédiction faite par le gouverneur de Californie. Et pas plus tard que ce mois-ci aux Etats-Unis avec Walking Tall. La multiplication des poings ne fait que commencer…

Tous les bonus sont en version originale non sous-titrée. Si de prime abord, on ne dépasse guère le stade de l’interactivité formatée que l’on retrouve trop souvent sur les DVD des principaux gros studios hollywoodiens, il y au détour du discours promotionnel de rigueur quelques moments forts réjouissants.

Ce n’est pas dans les deux commentaires audio qu’on les retrouve car soit avec les deux producteurs du film, (Kevin Misher et Marc Abraham) ou soit avec le réalisateur et sa star, les propos tenus s’avèrent très rarement passionnants. Si la piste commentée des producteurs fournit le plus d’informations sur la genèse du film comme notamment les difficultés climatiques et techniques pour boucler le tournage, c’est l’humour et la bonne humeur évidente de l’autre commentaire qui emportent le plus notre adhésion, même si au final, on n’apprend pas grand chose.

La suite des festivités élève heureusement le débat même si les 6 featurettes proposées sont assez inégaux en terme de qualité.

Rumble in the Jungle (10mn 33) : Si l’accent est ici mis sur la préparation pour les différents combats du film, on retient avant tout les petits pics que s’envoient avec beaucoup d’humour et de malice les deux vedettes du film.

The Amazon, Hawaii Style (5mn 28) : On y apprend principalement que le tournage était prévu au Brésil jusqu’à ce qu’une partie de l’équipe du film ait été rançonnée. Direction alors Hawaii et son temps pour le moins changeant (énormes pluies suivies de chaleurs éreintantes).

Appetite for Destruction (8mn 21) : Ce sont les cascades englobant des explosions et autres destruction qui sont ici mis en vedette. Rien de palpitant mais les informations distillées sont suffisamment intéressantes pour rendre la vision de cette featurette distrayante. D’autant plus qu’on a le droit encore une fois à quelques notes d’humour des acteurs (Scott en tête).

The Rundown Uncensored (6mn 08) : Reportage particulièrement inutile mais doté là encore de quelques « Private jokes » fort sympathiques. On y évoque ainsi les rapports entre le singe, Camilla, et le duo vedette, et les difficultés pour éviter que ces relations paraissent trop explicitement sexuelles à l’écran. L’humour venant ici du fait que The Rock se voit accusé d’être tombé amoureux du babouin.

Running Down the Town (4mn 10) : On revient ici sur la construction méticuleuse du village brésilien, un des décors principaux du film qui a été bâti à…Los Angeles. Ce n’est pas super captivant mais reconnaissons que cette featurette a le mérite de nous éclairer sur le travail de l’ombre effectué par les responsables des décors.

Walken’s World (5mn 34) : Ultime module, ce reportage qui est supposé rendre hommage au talent énorme de Christopher Walken, reste bien trop succinct (quelques mots du comédien seulement) pour dépasser le cadre de la simple superficialité du bonus vite vu, très vite oublié.

Deletes Scenes (13mn 50) : Les 9 séquences coupées au montage ne présentent qu’un intérêt anecdotique. La plupart d’ailleurs sont ici plus des scènes alternatives que de réelles séquences inédites. Parmi elles, on retiendra surtout un combat à mains nus entre Scott et le bras droit de Christopher Walken (Hatcher) lors de l’affrontement final dans le village et la mort plus cartoonesque du même Walken.

Pour finir, outre d’imposantes et exhaustives filmographies-biographies des principaux comédiens et membres de l’équipe technique, notons la présence d’un bonus caché sur le menu d’accueil situé juste au dessus de l’icône Scenes. Il s’agit d’une courte featurette (1mn 42) sur les effets visuels du film. Un supplément plaisant par sa capacité à expliquer par l’image de façon extrêmement rapide et efficace la manière de concevoir les cascades les plus risquées du film.

Universal propose un superbe transfert 16/9 aux couleurs parfaitement saturées. Les tons colorés et variés de la jungle possèdent ainsi un éclat des plus attrayants. Les contrastes ont été boostés et l’on se retrouve face à des noirs d’une rare profondeur (même si par moments, on est à la limite d’avoir des noirs bouchés). L’image possédant un piqué d’une grande précision, les gros plans sur les acteurs s’avèrent magnifiquement détaillés. Finalement, les seuls reproches viennent d’une compression prise en défaut sur de rares plans larges comme l’atteste un fourmillement trop visible.

Cette édition américaine est avant tout réservé aux amateurs de version originale. C’est effectivement cette dernière qui est la seule à bénéficier d’un mixage DD 5.1, la version française ne disposant que d’un simple encodage Dolby Surround à l’envergure bien plus limitée et affublée d’un doublage québécois loin d’être optimal (les voix ne collant pas vraiment à celles des acteurs, surtout pour Seann William Scott).

La VO ravira donc les amateurs de gros sons multidirectionnels. Ca pète et fuse de partout avec une précision diabolique. Entre les ambiances de la jungle, le sifflement des balles, les explosions multiples et les coups énormes assenés par The Rock, la bande-son a de quoi nous en mettre plein les oreilles.

A noter enfin l’absence regrettable d’une piste DTS alors que le film a bénéficié d’un tel mixage pour sa sortie en salles.

Basil Détective privé

Même si ce n’est pas un Disney majeur (loin s’en faut, l’histoire n’est pas franchement trépidante), ce dessin animé à conservé toute son efficacité (dont un des méchants les plus mémorable du monde Disney en l’occurrence Ratigan) pour attirer les nombreux amateurs.

Basil Détective privé

Les personnages ne sont pas les plus attachants que les Studios Disney aient créés, mais le scénario reste assez bien ficelé avec sa dose d’humour habituelle pour que l’ensemble se laisse suivre sans ennuie et demeure fort sympathique dans son ensemble.

Et puis il y a les nostalgiques qui le reverront sans aucun doute avec grand plaisir.

. Making of d’époque (7’54 VOst) – L’occasion de voir Vincent Price doubleur de Ratigan en VO avec également l’intervention du compositeur Henry Mancini. A noter qu’on revient aussi sur le fait que c’est le premier Disney a mêler Image de synthèse & traditionnelle!

. 2 courts-métrages fort sympathique –  » Nettoyeurs de pendule » (8’06) avec Mickey, Dingo & Donald &  » Le crime ne paie pas  » (7’41) avec Donald, ses 3 neveux & Daisy.

. « Le grand génie du Mal » – karaoké en VF de la chanson. Idéal pour réveiller tous les chats du quartier.

. . L’album de Basil détective prive – il s’agit d’affiches, croquis, photos.

Curieusement alors que le format d’origine du film est 1.66, on se retrouve ici avec du 1.77 (on remarque l’ajout des bandes d’ailleurs vis à vis du format 1.66), fort heureusement la perte de l’image est minimaliste mais tout de même… En dehors de ça, l’image est globalement correcte en proposant un bon rendu des couleurs et une définition tout à fait honorable. D’une certaine manière, on pourra aussi dire que le grain (qui en dérangera certainement plus d’un, c’est sûr) contribue également au bien être de celle-ci. A noter que la copie affiche quelques tâches et que de légers fourmillements sont parfois décelables. Bref, un transfert certes satisfaisant mais qui reste toutefois (Preuve que le label THX ne sert pas franchement à grand chose -en tout cas ici- si ce n’est de vous faire payer plus chère vos DVD) loin d’être optimal.

Remixé en dolby digital 5.1, les pistes proposées offrent un rendu sonore de facture correcte sans plus, c’est essentiellement à l’avant que ça se passe avec des dialogues qui font preuve d’une bonne clarté, les arrières étant plutôt discrètes (a part les ambiances musicales). L’apport de la VF DTS (attention rien de mémorable pour autant) est décelable vu qu’elle est plus riche (belle limpidité) que le dolby digital.

Barton Fink

Lorsque les frères Coen terminent le tournage de Miller’s Crossing en 1990, surgit une période de doutes face à leur devenir artistique. Conserver au sein du système hollywoodien toute son intégrité, tout son talent et sa personnalité s’avère manifestement improbable, surtout lorsque les studios attendent d’eux la même recette miracle de film en film. En seulement trois semaines, ils signent le scénario de Barton Fink et avec lui, exorcisent leurs craintes sur le papier.

Barton Fink

Ancré dans le Hollywood des années 40, Barton Fink est un témoignage édifiant sur les rapports conflictuels entre les puissants producteurs et leurs exécutants. Sous les traits apparents d’une comédie cynique, les frères Coen se complaisent dans une succession de portraits cinglants, témoignage réaliste et sans excès de l’industrie cinématographique outre-atlantique. Nul n’y est épargné. Le producteur de Capital Pictures inspiré par de grands noms de la production, s’accorde surtout à renforcer une caricature véreuse et peu reluisante de la profession, à l’image de son assistant et des financiers qui étouffent littéralement sous les clichés. Hollywood, l’usine à rêves, conçoit le spectacle comme un pur produit de consommation, avec autant de hargne que dans n’importe quel secteur industriel de l’époque.

Le personnage interprété par John Turturro n’est d’ailleurs pas plus enclin à devenir scénariste à Hollywood qu’un mécanicien de la General Motors. Fort de son succès à Broadway, Barton Fink suscite l’intérêt non pas pour ses idées, mais pour son nom. Mais faire d’un intellectuel de gauche, s’intéressant à l’homme de la rue, un magnat du scénario pour une société de production spécialisée dans la série B et les films de catch, cela tombe sous le sens, le ridicule ne trompe pas. Le scénariste demeure l’un des maillons de la chaîne de production d’un film dans une industrie qui mélange l’art et le rendement. Pourtant, Fink souhaite ce que tout artiste désire le plus au monde : rencontrer le public tout en créant des œuvres personnelles. A cet égard, le personnage de Charlie Meadows, interprété par John Goodman, intervient comme un inspirateur possible mais terrifiant et dont le prix se paie non pas en argent mais moralement. Relecture savoureuse du mythe de Faust et point de rencontre de deux univers parallèles ; dès lors, les frères Coen s’octroient une vision surréaliste du tout Hollywood, à mi-chemin entre le film noir et le fantastique.

Voyage au bout de l’enfer

C’est dans ce chamboulement narratif et esthétique qu’intervient tout le génie de Ethan et Joel. De l’obsession de la page blanche jusqu’au dépassement de soi, l’univers de Barton Fink se traduit comme une odyssée terrifiante au fin fond des peurs primaires de l’artiste. A la fois œuvre imaginaire et purement autobiographique, le film se transforme peu à peu sous nos yeux en une formidable mise en abîme, où chaque élément, chaque objet possède sa propre sonorité, son propre écho. Et si Hollywood ressemble extérieurement à une carte postale ensoleillée, de l’intérieur, c’est plutôt à l’enfer qu’elle se réfère et l’hôtel en est la plus puissante représentation.

Ancien, délabré, angoissant et fantomatique, ce dernier se raccroche autant à une ambiance qu’à une esthétique. L’hôtel Earle et ses longs couloirs, son groom cadavérique et ses papiers peints imbibés d’humidité empruntent à l’iconographie kubrickienne et à son inquiétant Overlook dans Shining (1980). Et c’est sans doute cette référence aux années quatre-vingt qui étonne aujourd’hui. Plus enclins à nous faire revisiter des genres aux codes inscrits dans la période classique The Barber (2001) et le film noir, Intolérable Cruauté (2003) et la comédie sophistiquée façon Preston Sturges, les frères Coen s’appliquent à reproduire l’antithèse de leur cinéma et font de Barton Fink une relecture des genres fantastique et noir ramenés à une esthétique et à une temporalité classique. De Angel Heart (1987) au Locataire (1976) en passant par Boulevard du Crépuscule (1950) de Billy Wilder, c’est tout un cinéma de genre qui est digéré par les cinéastes afin d’en retranscrire à l’écran une œuvre abondamment personnelle.

Au-delà de l’idée même de projection mentale qu’est l’hôtel face à l’auteur, le mystère reste entier quand aux autres résidants. Identifiés par leurs paires de chaussures, ne serait-il pas eux non plus des scénaristes dévorés par le doute et improductifs. Si tel était le cas, il faudrait alors considérer ce lieu, comme le précise judicieusement Yannick Dahan, semblable à un camp de concentration, où l’intellectualisme d’un pays tout entier aurait donné son âme au succès et au pouvoir d’Hollywood.

Si les thématiques de Barton Fink semblent inépuisables et sources de renouvellement à chaque vision, la mise en scène inspirée et virtuose n’est pas en reste. Les frères Coen alternent deux esthétiques formelles à la fois complémentaires et opposées. Si les extérieurs se veulent à l’image des lieux, rassurants et magiques, ils n’en sont pas moins artificiels et effacés derrière le jeu exubérant d’acteurs assurant à eux seuls, toute la représentation d’une iconographie hollywoodienne. C’est à l’inverse lors des séquences d’intérieurs et de solitudes profondes que la forme prend le dessus, excessive et misant avant tout sur d’insolites cadrages de plus en plus étouffants. Alternance de longues profondeurs de champ et de puissantes plongées verticales en courte focale, les cinéastes écrasent littéralement leur personnage dans un univers psychologiquement éreintant. A l’image de la photographie signée Roger Deakins, qui se trouve être en parfaite harmonie avec les deux univers dépeints. Lumineuse et rassurante dans les extérieurs, elle se renferme dans l’univers mental glauque et schizophrène de Fink. Ocres et verts sont soutenus avec une intensité remarquable, et font parfaitement ressortir l’aspect humide d’un lieu sordide et vétuste.

Qu’elle soit d’hier ou d’aujourd’hui, l’économie du cinéma tourne majoritairement autour d’une production de consommation rapide, blockbusters en tête, loin de tout souci artistique. Pourtant, l’Histoire du cinéma le prouve, il n’y a jamais eu de décennie sans qu’il ne se soit concrétisé à Hollywood ce désir de distinction au cœur du système. Avec Barton Fink, les frères Coen réalisent sans doute ce qui est aujourd’hui encore leur film le plus personnel et le plus abouti formellement. A l’image de cette boîte mystérieuse, véritable Mc Guffin du film, l’inspiration n’est peut être jamais aussi bonne que quand elle est viscérale. On ne peut alors que saluer le choix du Jury au Festival de Cannes 1991 et son Président Roman Polanski d’avoir propulsé les frères au sommet d’Hollywood et à ceux-ci d’avoir su préserver leur intégrité depuis près de vingt ans. Entre le Paradis et l’Enfer, il y aura toujours Hollywood.

Une édition qui efface la précédente version éditée chez TF1 Vidéo. Wild Side nous offre un écrin pour ce chef d’oeuvre, à l’image de son formidable digipack et de ses suppléments, conséquents et passionnants d’un bout à l’autre.

Autour du film :

– Entretien avec Laurent Delmas, directeur de la rédaction de Synopsis.
– Entretien avec Albert Dupontel qui revient longuement sur le film, sur son influence pour Le Créateur, tout ceci avec passion et intérêt.

– Il était une fois une Palme : rencontres avec l’un des membres du jury de Cannes 91. Ce dernier nous expose avec passion et générosité ses souvenirs de l’aventure cannoise, du choix décisionnaire de Polanski à son combat pour récompenser La Belle Noiseuse de Jacques Rivette.

– Barton Fink et le Hollywood des 40’s : Rencontre avec des personnalités de la critique cinématographique (Frédéric Astruc, Michel Ciment, Yannick Dahan, Pierre Lagayette, Jean-Claude Missiaen et Lisa Nelson) autour du film des frères Coen. Chacun y va de son analyse personnelle pour un résultat passionnant.

9 scènes coupées

Inégales, celles-ci présentent l’intérêt évident de voir un peu plus en détail certaines thématiques du film. A voir sans modération toutefois, ne serait-ce que pour l’objet.

Bande annonce

Filmographies

Photos du film

Photos de tournage

Il ne manque finalement au tableau de chasse de l’éditeur qu’un commentaire audio des deux frères.

Un transfert HD de toute beauté. La définition est surprenante de précision, les contours ne présentent que de très rares halos, et la compression (à deux ou trois murs près) est invisible. Les couleurs alternent parfaitement entre les extérieurs et les intérieurs, rendant parfaitement justice au travail du génial Roger Deakins. On en redemande !

Si la VO propose le mixage Dolby Surround d’origine (192 kbps) force est de reconnaitre que le remixage 5.1 (448 kbps) concocté pour cette nouvelle édition du film est magistralement homogène. Les voix arrières sont parfaitement découpées, tout comme l’enceinte centrale qui propose une superbe retranscription des voix. La musique inquiétante et envoutante de Carter Burwell n’a jamais eu autant d’impact qu’à ce jour. La VF, encodée en 2.0 fait son travail avec sérieux mais ne peut rivaliser face au mixage anglais. A voir en VO impérativement, ne serait-ce que pour le jeu parfait des acteurs.

Bangkok Dangerous

Nouveau pôle fort du cinéma asiatique (avec la Corée), la Thaïlande a vu émerger des réalisateurs intéressants parmi lesquels les frères Pang figurent en très bonne place. Sorti trois ans avant l’excellent The eye mais distribué la même année en France (courant 2003), Bangkok Dangerous est écrit, monté et, bien sûr, réalisé par Danny et Oxide Pang. Là où The eye remportait une totale adhésion, on est, en revanche, forcé d’émettre quelques réserves non-négligeables vis à vis de Bangkok dangerous.

Bangkok Dangerous

Bénéficiant d’une réalisation enlevée et souvent innovante, Bangkok Dangerous fait office de terrain privilégié pour l’exercice favori des frères Pang : l’expérimentation visuelle. Ici, l’expérimentation s’opère avant tout sur la photographie via un jeu sur le grain, l’exposition, les couleurs et le contraste. De plus, le métrage possède aussi ce cachet indéfinissable (et plaisant en diable) des films thaïlandais. Au niveau formel, on pourra également remarquer que les deux cinéastes ont beaucoup joué sur le nombre d’images par seconde, le montage (Bangkok dangerous est très découpé) et le son.

Si le métrage est donc pourvu d’un visuel flamboyant, force est de constater, malgré tout, qu’il pâtit d’un scénario à la fois léger et brumeux. D’un abord difficile dans son premier tiers, le film gagne un peu en émotion par la suite avec, notamment, la romance vécue par Kong. Sourd-muet, le jeune homme a été rejeté et brutalisé par ses camarades lorsqu’il était enfant. Homme d’entretien dans un club, Kong fait du tir son violon d’Ingres avant de devenir un tueur à gages de renom. Si on le croit froid dans un premier temps, Kong se révèle être un personnage beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Maladroit lorsqu’il s’agit d’avoir des relations sociales et assez attachant (mais malheureusement mal exploité par les Pang), le tueur est taraudé par des précédents « contrats », hanté par ses victimes.

En conclusion, s’il est indéniable que les frères Pang privilégient la forme au détriment du fond (certains ne manqueront pas de dire qu’ils font seulement de l’esbroufe), reste que Bangkok dangerous s’impose comme un bel exercice de style qui, finalement, se laisse voir sans déplaisir.

– Bandes annonces Europa : les bandes annonces des films The eye, Haute tension, 28 jours plus tard, Michel Vaillant et Ong bak.

– Bande annonce : bande annonce de Bangkok dangerous.

Une qualité vidéo de très bonne facture affichant une définition optimale et des couleurs très denses tout en ne s’encombrant pas de défauts compressifs. A noter que le changement quasi-constant de support visuel implique certaines « imperfections » qui découlent aussi d’autres choix formels (tel une texture souvent granuleuse), « imperfections » qui ne constituent en aucun cas des défauts puisqu’elles sont totalement voulues par les frères Pang.

Là encore, la qualité est au rendez-vous puisque les différentes pistes affichent une bonne intensité, s’avérant dynamiques, claires et bien spatialisées. De toutes les pistes proposées, la V.O. (en thaïlandais) D.T.S. est la plus recommandable avec un surcroît d’énergie par rapport aux trois autres.